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Simuler un malaise ou un AVC en formation secours

Rédigé par Cyrille GAGNAIRE, Vente Défibrillateur. Publié le 4 octobre 2026.

L'arrêt cardiaque occupe l'essentiel des formations, mais les stagiaires rencontreront bien plus souvent un malaise, un début d'accident vasculaire cérébral ou une crise convulsive. Ces situations n'ont rien de spectaculaire et ne se règlent pas par un geste technique. Elles demandent de l'observation, un bon bilan et un appel clair. Les simuler demande donc une autre préparation que celle d'un mannequin sur le sol.

Pourquoi ces situations se travaillent à part

Face à un arrêt cardiaque, le stagiaire sait ce qu'on attend de lui : compresser, utiliser le défibrillateur. Face à un malaise, il doit d'abord comprendre ce qui se passe. La victime parle, se plaint, parfois minimise. Le geste à réaliser est moins évident, et c'est précisément ce qui rend l'exercice formateur.

Le mannequin ne sert presque à rien ici. Il ne parle pas, ne transpire pas, ne répond pas aux questions. La simulation repose sur un figurant, sur un scénario écrit et sur l'attention du formateur aux paroles échangées.

Le malaise : un scénario qui se joue à la voix

Le figurant s'assoit, devient silencieux, se plaint d'une gêne, d'une sensation de faiblesse ou d'une douleur. Le stagiaire doit poser des questions simples : depuis quand, que ressentez-vous, avez-vous déjà eu cela, prenez-vous un traitement. Il doit aussi observer la respiration, la couleur de la peau et l'état de conscience.

Le formateur prépare plusieurs versions d'un même scénario, pour que deux groupes successifs ne reçoivent pas les mêmes réponses. Une fiche de consignes remise au figurant évite les improvisations qui égarent le stagiaire. On ajoute une évolution : le malaise s'aggrave si le stagiaire tarde à alerter, ou s'apaise s'il installe la victime dans une position adaptée.

Le but n'est pas de poser un diagnostic. Le stagiaire transmet ce qu'il a vu et entendu aux secours, et suit leurs consignes.

Faire reconnaître les signes d'un AVC

Les signes à repérer sont connus : un visage qui s'affaisse d'un côté, un bras qui n'a plus de force, une parole déformée ou incohérente. Le figurant les mime sans exagération théâtrale, car un vrai AVC est souvent discret au début. Un faux signe trop évident apprend aux stagiaires à attendre un tableau caricatural.

Le point pédagogique central est l'heure d'apparition des signes. Le stagiaire doit la demander et la transmettre lors de l'appel. Cette information compte pour la prise en charge, et elle s'oublie facilement dans le stress. On peut prévoir un figurant qui ne la connaît pas, pour montrer comment interroger un témoin présent.

Un chronomètre ou une montre visible dans la salle rappelle que le temps joue contre la victime, sans qu'il soit utile de citer des durées précises que l'on ne maîtrise pas.

Crise convulsive et perte de connaissance

Simuler des convulsions demande de la mesure. Le figurant mime des mouvements, sans se mettre en danger et sans chuter réellement. Un tapis de sol ou un espace dégagé suffit. Le stagiaire apprend à protéger la tête, à écarter les objets, à ne rien mettre dans la bouche et à surveiller la respiration une fois la crise terminée.

La suite de la séquence compte autant que la crise. La victime reste inconsciente ou confuse : c'est l'occasion de remettre en pratique la position latérale de sécurité sur une personne réelle, ce qu'un mannequin rigide rend mal. Une personne qui respire reste surveillée jusqu'à l'arrivée des secours.

Choisir ses figurants et cadrer le jeu

Un stagiaire volontaire peut tenir le rôle, à condition de ne pas être mis mal à l'aise. Certains participants ont vécu ce type d'événement dans leur famille, et la scène peut raviver un souvenir. Le formateur prévient avant l'exercice et laisse toujours la possibilité de refuser sans justification.

Il est aussi utile de définir un mot d'arrêt connu de tous, qui interrompt immédiatement la simulation si une personne se sent réellement mal. Le débriefing suit ensuite le même fil que pour les autres mises en situation : ce que le stagiaire a vu, ce qu'il a compris, ce qu'il a transmis.

Le matériel utile, et ce qu'il ne remplace pas

Ces scénarios consomment peu de matériel : un tapis de sol, une couverture, un téléphone factice ou un téléphone de formation pour l'appel, une fiche de scénario plastifiée. Une chaise et un coin de salle dégagé suffisent. Si la salle est équipée de plusieurs postes, un atelier malaise peut s'intégrer dans une rotation avec les ateliers de gestes techniques.

Aucun accessoire ne remplace la qualité du jeu du figurant et la clarté des consignes. Mieux vaut investir du temps dans l'écriture de trois ou quatre scénarios variés que dans du matériel supplémentaire. Le référentiel de la formation suivie indique ce que les stagiaires doivent savoir faire, et le formateur adapte la place de ces situations en conséquence.

Questions fréquentes

Peut-on simuler un malaise sans mannequin ?

Oui, et c'est même préférable. Un malaise se joue à la voix et à l'observation, ce qu'un mannequin ne permet pas. Un figurant, une fiche de scénario et un espace dégagé suffisent. Le mannequin reste utile seulement si la situation évolue vers un arrêt cardiaque.

Comment éviter qu'un figurant se blesse en jouant des convulsions ?

Il joue au sol, sur un tapis ou une surface dégagée, avec des mouvements mesurés et sans chute réelle. Le formateur écarte les meubles et convient d'un mot d'arrêt. Si le figurant a des antécédents de crises, mieux vaut confier le rôle à quelqu'un d'autre.

Faut-il prévenir les stagiaires qu'un scénario de malaise va avoir lieu ?

Pas nécessairement du contenu exact, mais le cadre doit être clair : il s'agit d'un exercice. Le formateur peut annoncer le thème de l'atelier sans détailler les signes à repérer, pour que les stagiaires conservent un effet de surprise proche du réel.

Combien de scénarios différents préparer pour une session ?

Il n'existe pas de nombre imposé. Trois ou quatre scénarios variés suffisent généralement à faire tourner plusieurs groupes sans répétition. Chaque version modifie les réponses du figurant et l'évolution de l'état de la victime, pour que les stagiaires ne se transmettent pas les solutions.

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