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Trousse de premiers secours en entreprise : contenu, emplacement et contrôle

Rédigé par Cyrille GAGNAIRE, Vente Défibrillateur. Publié le 29 juillet 2026.

Une trousse de premiers secours mal composée se remarque le jour où elle sert. Compresses périmées, gants introuvables, ciseaux disparus depuis six mois : la scène est banale dans les entreprises qui achètent une trousse une fois puis l'oublient. Le Code du travail impose du matériel adapté sans publier de liste type. Voici comment construire une composition défendable, où la placer, qui la vérifie et à quel rythme.

Ce que le Code du travail impose vraiment

L'article R4224-14 du Code du travail tient en une phrase : les lieux de travail sont équipés d'un matériel de premiers secours adapté à la nature des risques et facilement accessible. Deux exigences seulement, et aucune liste de contenu. Le législateur ne dit pas combien de compresses ni quel type de pansement, parce qu'une plateforme logistique et un cabinet comptable n'ont pas les mêmes accidents.

L'article R4224-16 complète le dispositif. En l'absence d'infirmier, ou lorsque leur nombre ne permet pas d'assurer une présence permanente, l'employeur prend, après avis du médecin du travail, les mesures nécessaires pour assurer les premiers secours aux accidentés et aux malades. Ces mesures sont consignées dans un document tenu à la disposition de l'inspecteur du travail. La composition de la trousse relève donc de l'avis du médecin du travail, et cet avis doit exister par écrit.

Concrètement : sollicitez votre service de prévention et de santé au travail avec le descriptif de vos activités et votre document unique d'évaluation des risques. Demandez une liste de contenu validée, datée et signée. Classez-la avec le document unique et les consignes de secours. Sans ce document, une trousse même bien garnie reste une décision non justifiée.

Une base de départ à faire valider

Le tableau ci-dessous n'est pas une liste réglementaire. C'est un point de départ raisonnable pour un site sans risque particulier, à soumettre au médecin du travail qui retirera ou ajoutera des éléments selon votre activité.

Un principe simple guide le reste : la trousse ne contient aucun médicament, même en vente libre, sans avis explicite du médecin du travail. Donner un antalgique à un salarié qui se plaint d'un mal de tête n'est pas un geste de premiers secours et engage celui qui le fait. Retirez les boîtes de comprimés que vous trouverez au fond des armoires.

CatégorieExemples de contenuPoint de vigilance
Protection du sauveteurGants jetables non stériles, masque de bouche à bouche ou film de protection facialePrévoir plusieurs tailles, et des gants sans latex en cas d'allergie connue
Plaies et saignementsCompresses stériles individuelles, pansements adhésifs, bandes extensibles, pansement compressifLes emballages stériles portent une date : ils se contrôlent un par un
NettoyageSérum physiologique et antiseptique en unidosesPréférer les unidoses aux flacons, qui restent entamés pendant des mois
BrûluresCompresses non adhérentes, gel ou pansement pour brûlurePertinent surtout en cuisine, atelier, laboratoire
Maintien et immobilisationBandes de crêpe, sparadrap, écharpe triangulaireVérifier que le sparadrap n'a pas séché dans son rouleau
InstrumentsCiseaux à bouts ronds, pince à échardes, couverture de survieLes ciseaux restent dans la trousse et ne servent à rien d'autre
TraçabilitéListe du contenu, fiche de suivi des vérifications, numéros d'urgencePermet de savoir ce qui a été consommé et de recompléter

Adapter le contenu au risque réel de l'activité

Le mot adapté est le cœur du texte. Dans un atelier de découpe, les plaies profondes et les corps étrangers dominent : pansements compressifs et compresses en quantité suffisante deviennent prioritaires. En cuisine collective, ce sont les brûlures et les coupures. Dans un laboratoire ou un local de nettoyage industriel, la projection oculaire de produit chimique change tout et impose de discuter d'un dispositif de lavage oculaire avec le médecin du travail.

Les fiches de données de sécurité de vos produits comportent une rubrique consacrée aux premiers secours. Rassemblez celles des produits réellement utilisés et transmettez-les avec votre demande d'avis : elles orientent directement le contenu de la trousse et parfois l'organisation des secours.

Pensez aussi aux configurations de travail. Une équipe qui intervient en clientèle, un chantier mobile, un salarié isolé sur un site distant n'ont pas accès à la trousse murale du siège. Chaque véhicule ou chaque équipe mobile a besoin de sa propre trousse, contrôlée comme les autres.

Où l'installer et comment la rendre trouvable

Une trousse enfermée dans un bureau dont le titulaire est en congés ne remplit pas la condition d'accessibilité. Installez-la dans un lieu de passage, à hauteur d'homme, sans clef, et jamais dans un local verrouillé après la fermeture des services administratifs. Si votre site fonctionne en horaires décalés, vérifiez son accès à trois heures du matin, pas seulement à quatorze heures.

L'article R4224-23 prévoit que le matériel de premiers secours fait l'objet d'une signalisation par panneaux. Le pictogramme blanc sur fond vert doit être visible depuis les circulations, pas seulement une fois devant l'armoire. Affichez à côté la liste des salariés formés aux premiers secours, les numéros d'urgence et la conduite à tenir.

Sur les sites étendus, plusieurs petites trousses réparties valent mieux qu'une grande trousse centrale. Le critère à retenir est le temps nécessaire pour aller la chercher et revenir, pas le nombre d'articles qu'elle contient.

Qui contrôle la trousse et à quel rythme

Aucun texte ne fixe de fréquence de vérification pour une trousse de premiers secours. La pratique courante, sans être obligatoire, consiste à la contrôler chaque trimestre et systématiquement après chaque utilisation. Rien ne vous empêche de retenir un autre rythme, à condition de le décider et de le tenir.

Nommez un responsable identifié, en général un salarié formé aux premiers secours, et un suppléant. Collez une fiche de suivi dans le couvercle : date, nom du vérificateur, éléments manquants ou périmés, date de remise en état. Ce document sert autant à l'organisation interne qu'à démontrer le sérieux du dispositif en cas de contrôle.

Trois points concentrent l'essentiel des manques constatés : les dates de péremption des articles stériles, les consommables utilisés et jamais remplacés, et les emprunts sauvages de ciseaux ou de pansements. Un petit stock de réapprovisionnement rangé à part permet de recompléter immédiatement au lieu d'attendre la prochaine commande.

Ce que la trousse ne remplace pas

Le meilleur contenu ne vaut que par la personne qui l'ouvre. Une entreprise se dote de sauveteurs secouristes du travail ou de salariés titulaires du PSC1, et entretient ces compétences par des sessions de maintien et d'actualisation. L'article R4224-15 impose d'ailleurs la présence d'un membre du personnel formé dans les ateliers où sont accomplis des travaux dangereux et sur certains chantiers.

Profitez de ces formations pour faire manipuler la trousse réelle du site, pas une trousse de démonstration. Les stagiaires apprennent où elle se trouve, ce qu'elle contient et ce qui manque. C'est souvent lors d'un exercice que l'on découvre qu'il n'y a plus de gants en taille L.

L'arrêt cardiaque suit la même logique. Environ 50 000 personnes en sont victimes chaque année en France et chaque minute écoulée sans défibrillation réduit les chances de survie d'environ 10 %. Un défibrillateur de formation, qui ne délivre aucun choc, permet de répéter le geste sans risque en salle. Ses électrodes de formation se réutilisent, contrairement aux électrodes réelles, à usage unique et pourvues d'une date de péremption : ce sont deux consommables distincts, à ne pas confondre lors des commandes.

Questions fréquentes

Existe-t-il une liste officielle du contenu d'une trousse de premiers secours en entreprise

Non. Le Code du travail exige un matériel adapté à la nature des risques et facilement accessible, sans en fixer la composition. C'est le médecin du travail qui rend un avis sur le contenu, en fonction de votre activité et de votre document unique. Demandez cet avis par écrit et conservez-le avec vos consignes de secours.

Peut-on mettre des médicaments dans la trousse

Pas sans avis explicite du médecin du travail, y compris pour des produits en vente libre comme le paracétamol. Distribuer un médicament à un collègue ne relève pas des premiers secours et expose celui qui le fait. Si le médecin du travail autorise certains produits, il précise lesquels, dans quelles conditions et par qui ils peuvent être remis.

À quelle fréquence faut-il vérifier la trousse

Aucune fréquence n'est imposée par la réglementation. L'usage le plus répandu est un contrôle trimestriel, complété par une vérification après chaque utilisation. L'important est de désigner un responsable, de fixer un rythme et de garder une trace écrite des vérifications, des articles périmés retirés et des réapprovisionnements effectués.

Combien de trousses faut-il sur un site

Le nombre dépend de la surface, du nombre de bâtiments et des équipes mobiles, pas d'un ratio réglementaire. Le bon critère est le temps nécessaire pour aller chercher la trousse et revenir auprès de la victime. Prévoyez également une trousse par véhicule d'intervention et par équipe travaillant hors des locaux principaux.

Faut-il signaler l'emplacement de la trousse

Oui. L'article R4224-23 du Code du travail prévoit une signalisation par panneaux du matériel de premiers secours. Le pictogramme blanc sur fond vert doit être visible depuis les circulations. Complétez l'affichage avec les numéros d'urgence et la liste des salariés formés aux premiers secours, mise à jour à chaque départ ou nouvelle formation.

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