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Simuler une chute et un traumatisme en formation secours

Rédigé par Cyrille GAGNAIRE, Vente Défibrillateur. Publié le 21 octobre 2026.

Une chute d'échelle, un faux pas dans un escalier, un choc à la tête : le traumatisme est une situation fréquente en entreprise comme à l'école, et pourtant difficile à enseigner. Le réflexe d'aider en déplaçant la victime est naturel, donc à contrarier avec méthode. Voici comment construire un scénario crédible, protéger le figurant et faire du débriefing le vrai moment d'apprentissage.

L'objectif : ne pas aggraver

Face à un traumatisme, le stagiaire doit surtout résister à l'envie d'agir trop vite. Les points à faire acquérir sont simples : sécuriser les lieux, questionner la victime, lui demander de ne pas bouger, alerter les secours et surveiller son état jusqu'à leur arrivée. La conduite exacte dépend du référentiel de la formation suivie, que le formateur connaît mieux que n'importe quelle fiche générale.

Ce scénario se distingue des autres parce que la bonne réponse est souvent une retenue. Un stagiaire qui relève la victime pour bien faire commet l'erreur la plus courante, et c'est précisément ce que le jeu doit permettre de constater sans conséquence réelle.

Jouer la victime en sécurité

Le figurant ne chute jamais pour de vrai. Il s'installe au sol avant le début du scénario, sur un tapis ou une surface propre, et le groupe entre dans la salle une fois la scène en place. Une chute jouée devant le groupe n'apporte rien et expose le figurant à une vraie blessure.

Choisissez une personne à l'aise avec le contact physique et prévenez-la de ce que les stagiaires risquent de faire : lui tenir la tête, la tourner, tenter de la relever. Convenez d'un mot ou d'un geste de sortie qui arrête immédiatement le jeu. Un figurant qui se sent mal à l'aise doit pouvoir le dire sans attendre la fin.

Le jeu consiste à décrire une douleur localisée, à répondre aux questions et à garder une posture immobile. Il n'est pas nécessaire de feindre l'inconscience, qui appartient à un autre scénario.

Un décor qui raconte la chute

Le décor suffit à poser la situation : un escabeau renversé, des cartons dispersés, un casque posé à côté de la victime, une marche d'escalier. Plus il ressemble à l'environnement des stagiaires, plus le scénario leur parle. Dans un atelier, on place la victime au pied d'un rayonnage ; à l'école, au bas d'un module de jeux.

Les accessoires restent sobres. Un moulage de plaie au cuir chevelu ou une marque sur le front peut ajouter un indice visuel, mais il détourne vite l'attention vers la plaie au détriment de la mobilité de la victime. Utilisez-le seulement si l'objectif du jour porte sur ce point.

Prévoyez aussi un danger secondaire discret, comme un objet encore instable au-dessus de la victime. Il permet de vérifier que la protection de la scène a bien été pensée avant l'approche.

Les erreurs à laisser se produire

Certaines erreurs sont instructives parce qu'elles sont naturelles. Relever la victime, lui faire boire de l'eau, lui retirer son casque sans réflexion, la questionner sans attendre les réponses : le formateur les note sans intervenir, tant que le figurant n'est pas réellement en difficulté.

Les oublis comptent autant que les gestes. Un stagiaire peut oublier de demander à la victime depuis combien de temps elle est tombée, ou de vérifier si elle a perdu connaissance quelques instants. Le formateur peut aussi glisser dans la fiche un élément que seul un bon questionnement révèle, comme un malaise survenu avant la chute.

Si la victime reste immobile, le stagiaire doit trouver une manière de rassurer sans toucher. Maintenir le contact par la parole fait partie de l'apprentissage, et demande plus de calme qu'on ne le croit.

Débriefer sans culpabiliser

Commencez par la victime : qu'a-t-elle ressenti, qu'est-ce qui l'a rassurée, qu'est-ce qui l'a inquiétée. Ce retour concret marque davantage que toute explication théorique. Le stagiaire comprend qu'un geste bien intentionné peut être vécu comme une agression quand on a mal.

Revenez ensuite sur l'ordre des actions. La sécurisation de la scène a-t-elle précédé l'approche, l'alerte a-t-elle été claire, la surveillance a-t-elle continué après l'appel. Laissez le groupe proposer ses corrections avant d'apporter les vôtres.

Un scénario de traumatisme se rejoue facilement avec une variante : même chute, mais la victime se plaint cette fois d'un autre endroit, ou perd connaissance en cours de jeu. Cela évite que les stagiaires apprennent une réponse par cœur au lieu d'un raisonnement.

Matériel et public

Pour ce scénario, le matériel est avant tout du mobilier et des accessoires de décor. Un tapis de sol, un casque d'entraînement ou de chantier, et la trousse pédagogique habituelle suffisent. Si la formation aborde l'immobilisation, vous pouvez compléter par du matériel de formation adapté, conservé à part du matériel réel.

Avec des enfants, restez sur une chute simple et un jeu très court, en présence d'un adulte référent. Avec des salariés, ancrez la scène dans leur poste de travail, hauteur, sol glissant, circulation d'engins. Ajustez dans tous les cas le niveau de détail à ce que le référentiel autorise réellement à enseigner.

Questions fréquentes

Le figurant peut-il vraiment tomber pour la scène ?

Non. Il s'installe au sol avant l'arrivée du groupe, sur une surface adaptée. Une chute réelle expose à une blessure sans rien apporter de pédagogique. La mise en scène repose sur le décor, la posture immobile et les réponses données aux questions des stagiaires.

Faut-il utiliser un moulage de plaie ?

Ce n'est pas indispensable. Il peut aider à rendre la scène crédible, mais il attire souvent l'attention sur la plaie plutôt que sur l'immobilité de la victime. Réservez-le aux séances où l'objectif pédagogique le justifie, et gardez le reste du scénario simple.

Que faire si un stagiaire relève la victime ?

Laissez le jeu se poursuivre tant que le figurant n'est pas en difficulté, puis relevez l'action au débriefing. Demandez d'abord à la victime ce qu'elle a ressenti. L'erreur devient ainsi une expérience partagée, sans reproche, que le groupe comprend mieux qu'une consigne répétée.

Ce scénario convient-il à tous les publics ?

Oui, avec des adaptations. Chez les enfants, la chute reste simple et le jeu bref, avec un adulte à proximité. En entreprise, on reproduit un risque réel du poste. Dans tous les cas, le contenu suit le référentiel de la formation dispensée.

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