Simuler une crise convulsive en formation secours
Rédigé par Cyrille GAGNAIRE, Vente Défibrillateur. Publié le 15 octobre 2026.

La crise convulsive impressionne les stagiaires, souvent plus qu'un arrêt cardiaque. Beaucoup connaissent des idées fausses, comme mettre un objet dans la bouche de la victime. Une simulation bien préparée permet de corriger ces réflexes avant qu'ils ne se produisent en situation réelle. Voici comment la construire, avec quel matériel et quelles précautions pour le figurant comme pour le groupe.
Pourquoi travailler ce scénario
Une crise convulsive dure en général peu de temps, mais elle semble interminable à ceux qui la regardent. Le premier réflexe du témoin est souvent de maîtriser la personne ou de lui ouvrir la bouche. Les deux gestes sont à proscrire.
Le scénario sert donc à installer des réflexes simples : écarter les dangers, protéger la tête, ne pas retenir, observer, alerter. Il apprend aussi à rester calme devant une scène spectaculaire où l'on a le sentiment de ne rien faire, alors que l'attitude juste est précisément de laisser la crise se dérouler en sécurité.
Le rôle du figurant
Un mannequin ne convient pas ici, car il ne bouge pas. Il faut un figurant, formateur ou stagiaire volontaire, qui mime des secousses des membres sans violence réelle. L'objectif est la lisibilité de la scène, pas le réalisme absolu.
Le volontaire doit pouvoir arrêter la scène à tout moment par un signal convenu à l'avance, par exemple un mot précis. Il doit aussi être à l'aise avec le sujet : une personne épileptique dans le groupe peut ressentir cet exercice très différemment. La question se règle en amont et en privé, jamais devant les autres.
Le figurant simule des mouvements brefs et amples, puis un relâchement progressif, puis une respiration bruyante qui se calme. Ce déroulé permet d'enseigner la suite de la prise en charge.
Aménager l'espace et préparer le matériel
Le matériel est modeste. Il faut un tapis ou un matelas de sol, un vêtement roulé pour simuler le soutien de la tête, un chronomètre visible et quelques objets à écarter : chaise, table basse, sac. Ces obstacles donnent aux stagiaires un geste concret à accomplir dès le début de la scène.
Placez le scénario dans une zone dégagée de la salle, à distance des équipements fragiles et des angles de table. Prévoyez de l'espace pour que le groupe d'observateurs puisse voir sans gêner.
Un téléphone factice ou un second poste pour l'appel aux secours complète la mise en situation. Le stagiaire doit pouvoir décrire ce qu'il voit, la durée de la crise et l'état de la victime à la fin des secousses.
Dérouler la scène en trois temps
Pendant la crise, le stagiaire sécurise l'environnement, protège la tête sans retenir les mouvements, desserre ce qui peut gêner le cou et note l'heure de début. Il ne met rien dans la bouche et ne donne rien à boire.
À la fin des secousses, il vérifie la conscience et la respiration. Si la victime ne répond pas mais respire, il la place en position latérale de sécurité. Si elle reprend conscience, il la rassure, reste auprès d'elle et surveille son état.
Dans tous les cas, l'alerte est transmise aux secours avec les informations utiles : durée, premier épisode ou non, blessure éventuelle, état actuel. Le formateur rappelle que le conseil de l'opérateur prime sur toute consigne générale.
Variantes pour faire progresser le groupe
Une fois la base acquise, on peut ajouter une contrainte. La crise survient dans un lieu encombré, devant des curieux qui s'agitent, ou chez une personne qui porte des lunettes ou un collier. Le stagiaire doit alors gérer la foule en plus de la victime.
On peut aussi faire se terminer la scène par une victime qui ne respire plus normalement. Le stagiaire bascule alors vers la réanimation, ce qui entraîne la capacité à réévaluer une situation qui évolue. Cette bascule est un excellent exercice de lucidité.
Le débriefing de la scène
Demandez d'abord au stagiaire ce qu'il a ressenti, puis aux observateurs ce qu'ils ont vu. Les idées reçues remontent souvent à ce moment, et il est plus efficace de les laisser s'exprimer que de les corriger par avance.
Revenez sur les gestes interdits, sur la place du chronomètre et sur la différence entre protéger et retenir. Terminez en demandant à chacun ce qu'il ferait différemment, puis laissez le figurant partager ce qu'il a perçu depuis le sol. Ce regard de l'intérieur est souvent le plus parlant.
Questions fréquentes
Peut-on utiliser un mannequin pour simuler une crise convulsive ?
Ce n'est pas adapté, car un mannequin ne reproduit pas les mouvements qui définissent la scène. Un figurant mime des secousses avec prudence. Le mannequin intervient seulement si la scène bascule vers un arrêt de la respiration et qu'il faut pratiquer les compressions.
Que faire si un stagiaire épileptique est présent ?
Parlez-lui avant la séance, en privé, pour savoir s'il souhaite participer, observer ou s'absenter pendant la scène. Il n'a aucune obligation de s'expliquer. Proposez-lui un rôle d'observateur ou de chronométreur s'il préfère rester dans la salle.
Le figurant risque-t-il de se blesser ?
Le risque reste faible si les mouvements sont simulés avec retenue, sur un tapis et dans un espace dégagé. Convenez d'un signal d'arrêt, évitez les chutes brutales et ne laissez jamais le figurant mimer des gestes qu'il ne maîtrise pas.
Faut-il chronométrer la crise pendant l'exercice ?
Oui, le réflexe de noter l'heure de début est utile, car l'information intéresse les secours. Placez un chronomètre visible dans la salle. Le stagiaire apprend ainsi à relever la durée plutôt qu'à la deviner une fois la scène terminée.
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