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Simulation multi-victimes en formation aux premiers secours

Rédigé par Cyrille GAGNAIRE, Vente Défibrillateur. Publié le 26 septembre 2026.

Simuler plusieurs victimes en même temps change la dynamique d'une formation aux premiers secours. Les stagiaires ne suivent plus un scénario unique face à un mannequin isolé, ils doivent observer, trier leurs priorités et se coordonner entre eux. Pour un formateur indépendant ou un organisme de formation, ce type d'exercice demande une préparation matérielle et logistique différente d'un atelier classique. Voici comment le construire.

Un exercice qui change la dynamique du groupe

Dans un atelier tournant classique, chaque stagiaire s'exerce seul ou en binôme face à un mannequin, avec un geste précis à répéter. La simulation multi-victimes inverse cette logique : plusieurs situations se déroulent en même temps, et le groupe doit décider qui secourir en premier, comment se répartir et quand demander du renfort. C'est un exercice de coordination autant que de technique.

Ce format convient particulièrement aux stagiaires qui ont déjà acquis les gestes de base, par exemple en fin de PSC1, lors d'un recyclage SST ou pendant une formation de moniteurs. Il est moins adapté à un tout premier contact avec les gestes qui sauvent, où la priorité reste l'apprentissage individuel avant la gestion collective d'un scénario complexe. Un formateur qui connaît bien son groupe peut aussi doser l'exercice en fonction du niveau réel des stagiaires plutôt que de suivre une progression figée.

Le matériel pour recréer plusieurs victimes

Multiplier les victimes ne veut pas dire multiplier les mannequins coûteux. Un formateur combine souvent ce qu'il possède déjà : un mannequin de RCP pour la situation la plus technique, et des stagiaires jouant les autres victimes à l'aide d'une fiche de consignes décrivant leurs symptômes. Cette fiche remplace avantageusement un accessoire onéreux et permet de faire varier les cas d'un groupe à l'autre.

Pour les gestes qui se pratiquent réellement sur les figurants, la trousse de premiers secours du formateur reste centrale : bandages, couvertures de survie, gants et compresses en quantité suffisante pour équiper plusieurs postes à la fois. Prévoir un peu plus de consommables que pour un atelier classique évite d'interrompre le scénario pour aller chercher du matériel.

Répartir les rôles avant de lancer le scénario

Avant de démarrer, chaque stagiaire doit savoir ce qu'il fait : secouriste, victime figurante ou observateur chargé de noter le déroulement pour le débriefing. Un rôle de régulateur peut aussi être confié à un stagiaire, chargé de recevoir les informations remontées par les secouristes et de décider de l'ordre de prise en charge, sans intervenir lui-même sur le terrain.

Cette répartition évite la confusion des premières minutes, souvent le principal facteur de stress dans ce type d'exercice. Un signal clair de début et de fin, sifflet ou simple annonce orale, cadre le scénario et rassure les stagiaires les moins à l'aise avec l'improvisation.

Aménager l'espace et minuter le scénario

L'espace compte autant que le matériel. Répartir les victimes à distance les unes des autres, dans plusieurs pièces ou à différents points d'une salle, oblige les stagiaires à faire de vrais choix de priorité plutôt que de traiter les cas les uns après les autres sans réflexion. Le mobilier peut servir de contrainte, par exemple pour simuler un couloir encombré ou un accès difficile.

Un exercice de ce type se joue en extérieur aussi bien qu'en intérieur, à condition d'adapter la durée : dix à quinze minutes suffisent généralement pour un scénario à deux ou trois victimes, au-delà l'attention du groupe retombe. Mieux vaut un scénario court et bien débriefé qu'un exercice long où les stagiaires se dispersent. Annoncer la durée avant le départ aide aussi les stagiaires à gérer leur énergie plutôt que de tout donner sur les premières minutes.

Faire progresser la difficulté d'une session à l'autre

La première fois, un scénario à deux victimes avec des consignes simples suffit à installer le principe. Les sessions suivantes peuvent ajouter une troisième victime, un bruit de fond, ou un figurant qui panique et complique la communication entre secouristes. Cette progression garde l'exercice motivant sans décourager les stagiaires les moins expérimentés.

Noter après chaque session ce qui a fonctionné, les points de blocage récurrents et le temps réellement nécessaire permet d'ajuster le scénario suivant. Cette mémoire d'un groupe à l'autre fait souvent la différence entre un exercice qui reste anecdotique et un outil pédagogique que l'on réutilise avec profit. Quelques lignes griffonnées à la fin de chaque session suffisent, l'essentiel est de les relire avant de préparer la suivante.

Questions fréquentes

Combien de mannequins faut-il pour un exercice multi-victimes ?

Un seul mannequin technique suffit souvent, complété par des stagiaires jouant les autres victimes avec une fiche de consignes décrivant leurs symptômes. L'important est de varier les situations, pas de multiplier le matériel coûteux. Un formateur qui dispose de deux ou trois mannequins peut construire des scénarios plus riches, sans que ce soit indispensable pour démarrer.

Faut-il du maquillage spécifique pour simuler des blessures ?

Ce n'est pas obligatoire. Une fiche de rôle décrivant les symptômes à mimer fonctionne bien pour la plupart des groupes et évite un investissement supplémentaire. Un maquillage simple, comme du faux sang, peut renforcer le réalisme pour des stagiaires déjà expérimentés, mais reste un complément et non une condition pour organiser l'exercice.

Ce type d'exercice convient-il à des stagiaires débutants en PSC1 ?

Mieux vaut réserver un scénario multi-victimes à la fin de la formation, une fois les gestes de base acquis individuellement. En tout début de stage, la gestion simultanée de plusieurs situations ajoute une charge cognitive qui peut nuire à l'apprentissage des techniques elles-mêmes plutôt que de les consolider.

Comment éviter que l'exercice tourne au chaos ?

La clé est la préparation en amont : rôles définis avant le départ, consignes écrites pour chaque figurant, signal clair de début et de fin. Un stagiaire désigné comme régulateur aide aussi à structurer les échanges. Sans ce cadrage, le groupe perd du temps à comprendre la situation plutôt qu'à s'exercer aux gestes.

Peut-on organiser cet exercice en extérieur ?

Oui, et cela apporte souvent plus de réalisme qu'une salle fermée, à condition d'adapter la météo et la visibilité du groupe. L'essentiel reste d'avoir un espace suffisant pour répartir les victimes à distance les unes des autres, afin que les stagiaires soient réellement confrontés à un choix de priorité.

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