Malaise réel d'un stagiaire en formation aux secours
Rédigé par Cyrille GAGNAIRE, Vente Défibrillateur. Publié le 14 octobre 2026.

Une session de secourisme demande des efforts physiques et expose à des mises en situation parfois éprouvantes. Il arrive donc qu'un stagiaire se sente vraiment mal, au milieu d'un exercice où chacun joue un malaise. Le formateur doit alors reconnaître le réel, agir sans hésiter et rassurer le groupe. Voici comment s'y préparer, du signal convenu au matériel à garder à portée de main.
Pourquoi la confusion est possible
Dans une session, les stagiaires jouent des victimes qui s'effondrent, gémissent ou perdent connaissance. Le groupe est habitué à ces scènes et le formateur aussi. Un vrai malaise peut donc passer pour un excès de zèle d'un acteur, surtout si la personne n'ose pas déranger.
Les efforts répétés de compression, la position à genoux au sol, la chaleur d'une salle fermée et le stress d'être observé sont des causes courantes d'inconfort. Rien de cela n'est grave en soi, mais chacun doit savoir qu'on peut s'arrêter à tout moment.
Convenir d'un signal dès l'accueil
La mesure la plus simple se prend en début de séance. Annoncez que tout stagiaire peut interrompre un exercice, sans justification, et choisissez une formule claire que personne n'emploie dans un scénario. Beaucoup de formateurs retiennent une phrase courte, répétée à voix haute devant le groupe.
Précisez aussi que ce signal vaut pour la fatigue, la gêne physique ou une émotion forte. Un stagiaire qui sait qu'il ne sera ni jugé ni pénalisé le déclenche plus tôt, avant que la situation ne se dégrade.
Que faire sur le moment
Dès qu'un doute apparaît, arrêtez l'exercice en cours. Sortez de la fiction en disant clairement que la situation est réelle, puis posez des questions simples à la personne : comment elle se sent, ce qu'elle ressent, si elle a déjà connu ce malaise. Installez-la dans une position confortable, loin du bruit.
Le formateur de secourisme applique alors ce qu'il enseigne : il fait le bilan, décide s'il faut alerter les secours et passe l'appel si nécessaire. Dans le doute, l'alerte l'emporte sur la poursuite de la séance. Si la personne perd connaissance et ne respire plus, la conduite à tenir est celle de la formation, y compris l'usage d'un défibrillateur réel et non du trainer.
Pendant ce temps, confiez au groupe une tâche utile, comme guider les secours à l'entrée ou libérer le passage, plutôt que de le laisser spectateur.
Le matériel à avoir sous la main
Une salle de formation doit disposer de quoi traiter un incident réel, distinct du matériel pédagogique. Une trousse de premiers secours accessible, de l'eau, de quoi s'asseoir ou s'allonger, une couverture et un téléphone chargé constituent la base. Rangez-les à un endroit connu, hors de la zone des mannequins.
Le point de vigilance concerne le défibrillateur. Un trainer ne délivre aucun choc et ne doit jamais se trouver près de la victime en cas de vrai arrêt cardiaque. Si un défibrillateur réel existe dans le bâtiment, repérez son emplacement avant la session et vérifiez que le formateur sait le récupérer rapidement. Le trainer, lui, reste identifié et séparé pour éviter toute erreur sous stress.
Après l'incident : le groupe et la trace écrite
Une fois la situation stabilisée, prenez un temps avec le groupe. Expliquez ce qui s'est passé dans la mesure où la personne l'accepte, sans entrer dans des détails médicaux. Certains stagiaires seront secoués d'avoir vécu une situation réelle, d'autres y verront une mise en pratique utile. Les deux réactions sont normales.
Consignez les faits : heure, circonstances, gestes réalisés, appel éventuel aux secours, suites données. Cette trace sert à l'organisme de formation et protège le formateur. Selon la gravité, la session peut reprendre, être reportée pour la personne concernée ou faire l'objet d'un rattrapage, comme pour toute absence.
Prévenir plutôt que subir
Quelques réflexes limitent les risques : aérer la salle, prévoir des pauses régulières, rappeler de boire, alterner les rôles pour éviter l'épuisement lors des compressions. Invitez les stagiaires à signaler en amont toute condition physique particulière, sans les obliger à se justifier.
Un formateur qui a anticipé ces situations, avec un signal convenu, un coin dédié et un matériel réel accessible, garde la maîtrise de sa session même quand l'imprévu survient.
Questions fréquentes
Comment savoir si le malaise est réel ou joué ?
Dans le doute, considérez-le comme réel. Arrêtez l'exercice, sortez de la fiction en le disant clairement et interrogez la personne. Un stagiaire qui jouait comprendra et reprendra sans conséquence, alors qu'un doute ignoré peut coûter cher.
Faut-il appeler les secours pour un simple vertige ?
Le formateur applique son bilan de secouriste. Si la personne se remet vite et que rien d'inquiétant n'apparaît, un repos peut suffire. En cas de doute, de gêne persistante ou d'aggravation, l'alerte est la bonne décision.
Peut-on utiliser le défibrillateur de formation en vrai cas ?
Non. Un trainer ne délivre aucun choc et ne remplace pas un appareil réel. En cas de véritable arrêt cardiaque, il faut utiliser un défibrillateur réel s'il est disponible, ou poursuivre les compressions en attendant les secours.
Le stagiaire doit-il reprendre la session après un malaise ?
Cela dépend de son état et de son souhait. Le formateur ne doit pas le contraindre. Il peut le laisser observer, lui proposer une pause ou organiser un rattrapage selon les règles de l'organisme de formation.
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