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Combien de sauveteurs secouristes du travail faut-il dans une entreprise

Rédigé par Cyrille GAGNAIRE, Vente Défibrillateur. Publié le 29 juillet 2026.

La question revient à chaque plan de formation : faut-il un secouriste pour dix salariés, pour vingt, ou un par service ? La réponse tient en deux niveaux qu'il faut séparer clairement. D'un côté une obligation réglementaire étroite, inscrite dans le Code du travail. De l'autre un repère de dimensionnement très répandu, utile pour organiser, mais dépourvu de valeur contraignante. Voici comment traiter les deux, et ce que cela change pour votre matériel de formation.

Ce que le Code du travail impose vraiment

L'article R. 4224-15 du Code du travail fixe une obligation précise et volontairement étroite. Un membre du personnel doit avoir reçu la formation de secouriste nécessaire pour donner les premiers secours en cas d'urgence dans chaque atelier où sont accomplis des travaux dangereux, ainsi que sur chaque chantier employant au moins vingt travailleurs pendant plus de quinze jours où sont réalisés des travaux dangereux. Le texte ajoute que ces salariés formés ne peuvent pas remplacer les infirmiers.

La notion de travaux dangereux n'est pas une liste fermée. Elle s'apprécie à partir de votre évaluation des risques, après avis du médecin du travail. Reprenez donc votre document unique unité de travail par unité de travail et inscrivez, en face de chaque zone identifiée à risque, le nom de la ou des personnes formées qui la couvrent. Une case vide dans ce tableau signale un manquement réel, pas une simple marge de progrès.

L'article R. 4224-14 complète le dispositif : les lieux de travail sont équipés d'un matériel de premiers secours adapté à la nature des risques et facilement accessible, et l'article R. 4224-16 impose des consignes de premiers secours affichées. Une personne formée sans trousse accessible ni consignes lisibles ne satisfait qu'à la moitié de l'exigence. Traitez les deux points dans la même vérification annuelle.

Le ratio d'un secouriste pour dix à vingt salariés est une pratique, pas une obligation

On lit partout qu'il faut un sauveteur secouriste du travail pour dix à vingt salariés. Ce repère circule largement chez les préventeurs et dans les services QHSE, il est utile, mais il ne figure dans aucun texte réglementaire. Le présenter à sa direction comme une obligation légale, c'est prendre le risque de voir tout le budget formation contesté dès que quelqu'un ouvrira le code.

Ce repère sert à autre chose : dimensionner. Un effectif formé qui descend sous cette proportion ne résiste ni aux congés, ni aux arrêts, ni au turnover. Inscrivez-le donc comme cible interne dans votre politique de prévention, avec la mention explicite qu'il s'agit d'un choix d'organisation. La formulation qui passe bien en comité de direction tient en une phrase : la loi vise les ateliers à travaux dangereux et certains chantiers, le ratio est ce que l'entreprise se donne pour rester couverte en toutes circonstances.

Répartir les secouristes selon les horaires, pas selon l'effectif global

Un effectif global de quarante secouristes ne vaut rien si tous travaillent en journée du lundi au vendredi. Le calcul se fait par créneau et par lieu : à chaque moment où des salariés sont présents, une personne formée doit être présente elle aussi et joignable en quelques dizaines de secondes.

Reprenez vos plannings et construisez une matrice simple. En lignes les créneaux réels, en colonnes les zones ou bâtiments. Chaque case doit contenir au moins deux noms, pas un seul, sinon la couverture tombe à la première absence. Les trous apparaissent presque toujours aux mêmes endroits.

SituationPoint de vigilanceCe qu'il faut organiser
Équipe de nuit ou de week-endEffectif réduit et encadrement absentFormer en priorité les salariés affectés en permanence à ces créneaux
Période de congésLes secouristes partent souvent en même tempsBloquer un calendrier de présence croisée avec les managers
Atelier à travaux dangereuxObligation directe de l'article R. 4224-15Un secouriste rattaché à l'atelier lui-même, pas au bâtiment administratif
Chantier de vingt personnes et plus sur plus de quinze joursObligation liée à la durée et à l'effectifVérifier la présence d'un secouriste avant l'ouverture du chantier
Salariés itinérants ou isolésPersonne à proximité immédiateFormation individuelle et dispositif d'alerte pour travailleur isolé

Sites multiples, petits effectifs et travailleurs isolés

Sur plusieurs sites, l'obligation s'apprécie site par site. Un secouriste au siège ne couvre pas l'agence située à trente kilomètres, même si les deux figurent sur le même effectif. Établissez la liste de vos implantations, y compris les antennes de quelques personnes et les entrepôts, puis attribuez à chacune ses noms propres.

Les petites structures se croient parfois hors du champ. Elles ne le sont pas : si l'activité comporte des travaux dangereux, l'obligation s'applique quel que soit l'effectif. Dans une équipe de cinq personnes, former deux salariés plutôt qu'un seul coûte peu et évite qu'un simple jour de récupération laisse le site sans couverture.

Pour les salariés itinérants, la formation ne suffit pas. Associez-la à un moyen d'alerte fiable et à une consigne écrite indiquant qui appeler et dans quel ordre. Ce sont ces salariés qui interviendront le plus souvent seuls, donc ceux qui ont le plus besoin de gestes réellement automatisés.

Ce que votre nombre de secouristes change pour le matériel de formation

Le nombre de personnes à former puis à recycler détermine votre volume annuel de sessions, donc votre parc pédagogique. Les référentiels encadrent la taille des groupes, et personne ne forme correctement une douzaine de participants avec un seul mannequin. Prévoyez plusieurs mannequins adultes pour qu'un même stagiaire répète le massage cardiaque plusieurs fois dans la journée, et ajoutez un mannequin enfant ou nourrisson si vos risques ou votre public le justifient.

La France compte environ 50 000 arrêts cardiaques par an et chaque minute écoulée sans défibrillation réduit les chances de survie d'environ 10 %. C'est ce qui justifie que la manipulation du défibrillateur occupe une vraie place dans la session, avec un passage complet par participant. Un défibrillateur de formation ne délivre aucun choc, reproduit les invites vocales et se réarme aussitôt : ses électrodes sont réutilisables, quand celles d'un appareil réel sont à usage unique et portent une date de péremption. Faire tourner un groupe entier sur un appareil réel revient à consommer du matériel qu'il faudra racheter.

Ajoutez enfin le poste hygiène, souvent sous-estimé : voies aériennes, peaux de visage et lingettes se comptent par participant et non par session. Multipliez votre nombre annuel de stagiaires par le consommable unitaire, et commandez sur l'année plutôt qu'au coup par coup.

Tenir le dispositif à jour dans la durée

Un certificat de sauveteur secouriste du travail se maintient par des sessions de maintien et d'actualisation des compétences, dont la périodicité est fixée par le référentiel national applicable. Demandez-la par écrit à votre organisme de formation et tenez un tableau des échéances, avec une alerte plusieurs mois avant chaque date. Un secouriste dont le certificat n'est plus à jour ne compte plus dans votre couverture.

Le turnover fait le reste du travail de sape. Intégrez la question à l'entretien de départ comme à l'accueil des nouveaux arrivants : chaque départ d'un salarié formé doit déclencher soit un remplacement, soit la vérification que la zone reste couverte. Affichez la liste à jour des secouristes et l'emplacement du matériel de premiers secours aux endroits de passage, et actualisez-la à chaque mouvement plutôt qu'une fois par an.

Questions fréquentes

Une entreprise de bureaux sans travaux dangereux doit-elle former des secouristes

L'article R. 4224-15 ne l'impose pas s'il n'y a ni atelier à travaux dangereux ni chantier concerné. L'employeur reste tenu d'assurer la sécurité de ses salariés et d'équiper les lieux de travail d'un matériel de premiers secours accessible. Former quelques volontaires est une pratique courante, présentée comme telle et non comme une obligation.

Le ratio d'un secouriste pour dix à vingt salariés figure-t-il dans un texte

Non. Aucun article du Code du travail ne fixe de proportion chiffrée de secouristes par rapport à l'effectif. Ce repère est une pratique diffusée par les préventeurs pour dimensionner un dispositif durable. Utilisez-le comme cible interne d'organisation, en indiquant clairement dans vos documents qu'il relève d'un choix de l'entreprise.

Combien de secouristes faut-il sur un chantier

Le Code du travail vise les chantiers employant au moins vingt travailleurs pendant plus de quinze jours où sont réalisés des travaux dangereux. Sous ces seuils, aucune obligation spécifique de secouriste n'est posée par ce texte. En pratique, la rotation des équipes et la durée réelle du chantier justifient de former plus d'une personne par lot.

Faut-il un défibrillateur réel ou un défibrillateur de formation pour les sessions

Un modèle de formation, sans exception. Il ne délivre aucun choc, il reproduit les invites vocales et ses électrodes se réutilisent d'une session à l'autre. Un appareil réel consomme des électrodes à usage unique et périmables à chaque passage, et le mobiliser en salle le retire de son emplacement de secours pendant toute la formation.

Comment compter les secouristes quand l'entreprise travaille en trois huit

Comptez par créneau, jamais sur l'effectif total. Chaque équipe doit disposer de ses propres personnes formées, avec au moins deux noms par poste pour absorber absences et congés. Construisez une matrice croisant horaires et zones de travail, puis formez en priorité les salariés affectés durablement aux créneaux les moins couverts.

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